Steve Ryges

Auteur et rédacteur web

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Dans la brume, elle attendait

Oeuvre protégée par des droits d'auteur

ces gens qui fl√Ęnaient lentement, interrompant r√©guli√®rement leur marche au d√©tour d'un article en vitrine qu'ils n'ach√®teraient pas. Certains les regard√®rent, la jeune femme et son visage meurtri, et l'oubli√®rent.

ggElle savait o√Ļ aller.

ggLe supermarché, ses rayons remplis pour que l'on ait envie de tout prendre, ses carreaux sales malgré les lavages réguliers.

ggRapide balayage de l'immense espace et Sc√Ņlbel se dirigea vers les articles de soin et beaut√©, coin des cheveux. Elle se baissa pour prendre une bo√ģte de teinture √† prise rapide, brune, mais pas trop noire, il ne fallait pas que sa couleur paraisse artificielle. Elle s'empara ensuite de diff√©rents ustensiles de maquillage : fond de teint, mascara, rouge √† l√®vres. Et puis elle marcha jusqu'au rayon bricolage, prit une lampe-torche. La caissi√®re lui fit un sourire forc√©, mais ses yeux soulignaient un malaise envers l'√©tat de sa cliente. Celle-ci partit, son sac en plastique pendu √† sa main, aux c√īt√©s de sa jambe bless√©e.

ggUne odeur piquante de pisse marin√©e m√©lang√©e aux d√©sodorisants assaillit la jeune femme alors qu'elle entrait dans les toilettes, ceux du sous-sol qui conduisait au m√©tro sous-terrain. Moins entretenus que les autres, et peut-√™tre moins fr√©quent√©s aussi. Son sac d√©pos√© sur le rebord de l'√©vier, Sc√Ņlbel se regarda dans la glace.

ggLa femme qu'elle y vit lui fit peur. Un visage dur, ravagé et las. Pas étonnant que la vendeuse lui ait lancé ce sourire froid. Si les griffures et les entailles de sa joue guérissaient doucement, ne laissant que quelques textesousdroitsdauteur



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